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Spectacle « Djoudjoukalaba » - interview de Dominique Digne

Fil d'Arianne

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Djoudjoukalaba est un spectacle qui s'inspire d'un conte transmis par Karine Boidin. Il sera mis en scène par les élèves des classes de contrebasse, théâtre et informatique musicale du Conservatoire & Orchestre de Caen. 
Pour donner vie à cette création, les élèves du Conservatoire & Orchestre de Caen, accompagnés de leurs enseignants, Dominique Digne, Bernard Cochin, Delphine Biard, Emilien Gobard et Sandrine Pagès se sont associés autour d’un même projet : donner vie au Djoudjoukalaba. Porté par le jeu et les voix des comédiens, le son des contrebasses et les créations sonores électroniques, ce spectacle plonge le spectateur au sein d’un monde onirique, qui explore des thèmes universels comme le mensonge ou les liens familiaux. 
Pour mieux comprendre le processus créatif autour de la création de ce spectacle, Dominique Digne, professeur de contrebasse, accompagnée des autres enseignants engagés dans le projet, s'est prêtée au jeu des questions-réponses.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le spectacle ? 
Djoudjoukalaba est un spectacle qui mêle intimement trois classes du Conservatoire & Orchestre de Caen : la classe de théâtre cycle 1, la classe de contrebasse et la classe d’informatique musicale. En réunissant ces trois pratiques artistiques, nous souhaitions créer une réelle cohésion, sans qu’aucune pratique ne soit simplement au « service » d’une autre. 


Pourquoi avoir choisi de représenter ce conte précisément dans le cadre de ce spectacle ? 
On me l’a raconté il y a quelques années et il m’a beaucoup plu. Ce qui m’a particulièrement touchée, c’est le message qu’il renvoie : l’idée qu’au-delà des travers et des qualités de chacun, on peut trouver sa place dans ce monde. 
Ce conte met aussi en valeur la puissance de l’amour inconditionnel. 
J’avais aussi une certaine envie de transmettre ce conte d’une autre manière. Il ne s’agit donc ici qu’une des nombreuses façons possibles de le raconter. L’idée était justement de laisser la classe de théâtre s’approprier le conte, s’en emparer, tout en travaillant avec les musiciens qui eux-mêmes ont adapté les morceaux selon le découpage proposé par les comédiens. 
La classe d’informatique musicale s’est nourrie de tout cela et a apporté un côté encore plus fantastique au conte en transformant les voix et les sons des contrebasses. 


Les thématiques du mensonge et des liens familiaux abordées dans le conte ont-elles eu une importance dans votre choix ? 
Ces thématiques ont eu une vraie importance, oui, mais elles ne me touchent pas vraiment personnellement. Pour moi ce sont des valeurs universelles qui sont traitées d’une manière très juste, ce qui m’a parlé immédiatement. 
Djoudjoukalaba est pour moi un conte rempli de sagesse. Ce qui selon moi rend l’histoire particulièrement puissante, c’est la place qu’elle donne à la force du lien familial, l’amour inconditionnel et l’importance d’être soi-même et de toujours respecter ses principes peu importe l’obstacle. 
Enfin, ce qui me parle beaucoup aussi dans ce conte c’est son aspect initiatique, car chaque personnage finit par trouver sa place. Ce qui renvoie pour moi à l’idée que, malgré les difficultés, chacun peut se construire, s’épanouir et trouver sa voie selon ses talents. C’est selon moi une vision très forte et très positive, qui donne au conte une portée vraiment universelle. 
 

Quelle valeur ajoutée apporte la musique dans Djoudjoukalaba selon vous ? 
La musique occupe évidemment une place centrale tout au long du spectacle, elle n’est pas une simple valeur ajoutée à la narration, elle fait pleinement partie du moment. 
La contrebasse joue un rôle essentiel pour le récit de par son timbre si particulier. Tant dis, que l’informatique musicale, elle, participe à amener plus loin la relation entre voix et instrument en donnant une dimension surnaturelle à la représentation, notamment en imitant la voix du monstre. 


Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrés lors de la mise en scène de cette œuvre ? 
Il n’y a pas eu de véritable difficulté artistique majeure dans la mise en scène, car le projet s’est déroulé dans de très bonnes conditions. 
La seule difficulté a été peut-être de trouver du temps pour tous se réunir compte tenu de l’intense activité de chacun au Conservatoire & Orchestre de Caen. 
Sur le plan artistique, le théâtre a surtout demandé un vrai travail d’illustration de l’imaginaire : comment rendre visibles sur scène des éléments symboliques ou fantastiques ? Comment représenter un monstre de 8 mètres avec trois yeux et 47 tentacules ? Cela nous a ainsi permis de mettre en avant toute la créativité de nos comédiens et de leurs enseignants. 


La richesse du projet vient de cette inventivité collective : textes, musiques informatique se mélangent au service de l’histoire. Les musiciens ont dû bouger, les comédiens ont dû chanter, chacun a dû sortir de son cadre habituel. Plus qu’une difficulté, créer ce spectacle a vraiment été un défi stimulant qui a nourri la créativité de l’ensemble des équipes.

Publié le 26/03/2026