Audition
La Journée du piano - "Préludes et Etudes" - séance#3
Lien entre les Études et les Préludes pour piano
Les Études et les Préludes occupent une place essentielle dans l’histoire du piano. À l’origine, ces deux formes musicales avaient des fonctions bien distinctes. L’étude était avant tout un exercice technique destiné à perfectionner la maîtrise de l’instrument : elle permettait au pianiste de travailler une difficulté précise, comme la vélocité, les arpèges ou l’indépendance des mains. Le prélude, quant à lui, servait d’introduction improvisée, jouée avant une oeuvre plus importante pour en établir la tonalité ou l’atmosphère.
Cependant, au fil du XIXᵉ siècle, ces genres ont profondément évolué.
Sous la plume de compositeurs tels que Chopin, Liszt, Scriabine ou Debussy, les Études et les Préludes se sont affranchis de leur fonction première pour devenir de véritables pièces d’art. Les Études ne sont plus de simples exercices, mais des oeuvres de concert à part entière, où la virtuosité technique se met au service de l’expression poétique. De leur côté, les Préludes, tout en conservant leur liberté de forme et de caractère, exigent une grande maîtrise pianistique et deviennent eux aussi des miniatures d’une intensité expressive remarquable.
Ces deux formes se rejoignent ainsi par leur brièveté, leur densité musicale et leur fonction exploratoire. Qu’il s’agisse d’un cycle complet comme les 24 Études ou les 24 Préludes de Chopin, ou des deux cahiers de Préludes
de Debussy, on y retrouve la même volonté d’explorer toutes les couleurs, toutes les tonalités et toutes les possibilités expressives du piano.
En somme, les Études et les Préludes partagent un même idéal : la recherche de la perfection du geste pianistique et la quête du son, à la fois dans sa dimension technique et dans sa dimension poétique.
Chaque concert commence avec une « mise en doigts » (études ou préludes plus spécifiquement consacrés à cet usage) puis suit une thématique plus ou moins vagabonde…
Programme
Séance #3 - Impressionnisme & modernité … Jazz…
1. Burgmüller op.109 — niveau intermédiaire (du plus chantant au plus virtuose)
• Berceuse (Sophia Jeanne)
• La Source (Charlie de Taevernier)
• Cloche des matines (Adam Saint-Clair)
• Sérénade (Lyna Marei)
• Retour du pâtre (Anna Rysanek)
2. Débuts poétiques
• Mompou Prélude n°1 — Emma Deharte
• Mompou Prélude n°5 — Raphaël Corbin
• Mompou Prélude n°7 — Silvina Pellerin
• Gershwin Prélude II — Agathe Doublet
2. Transition vers le modernisme
Pachulski — Prélude op 8 n 1 — Dimitri Gulitashvili
Lyadov — Prélude op.13 n°4 — Zoé Poullain
3. Szymanowski / Khatchaturian — harmonies plus modernes
• Khatchaturian Étude — Lilia Aboussena
• Szymanowski Prélude op.1 n°1 — Nino de Taevernier
4. Ravel et Debussy — vers une complexité rythmique, sonore et digitale
• Ravel — Prélude — Yara Mareï
• Debussy — Bruyères — Janelle Buisson
• Debussy — Prélude (Suite bergamasque) — Gaspard Roney
• Debussy — Voiles — Adèle Gendreau
• Debussy — Étude « pour les huit doigts » — Faustine Brun
6. Fauré & Poulenc — langage harmonique culminant
• Fauré Prélude op.103 n°3 — Servane Buisson
• Poulenc Prélude de la Sonate à quatre mains FP 8 (4 mains) — Nino de Taevernier et Édouard Monnier
7. Franck
Franck Prélude en si mineur du Prélude, Choral et Fugue FW21 — Zach Lebourgeois
8. Kapustin
Etude opus 40 n7 “Intermezzo”. Hugo Basseux
À propos
Entrée libre, sans réservation dans la limite des places disponibles
Durée : 1h15
Illustration : Karol Szymanowski